Les portes de la cathédrale de Santiago ont marqué la fin du Camino, l'arrivée de ces quelques 800 km, l'arrêt de cette vie quotidienne de marche. Les pèlerins sont divisés face à cette fatalité. Certains redoutent ce moment, ils ne veulent pas cesser de marcher et ils croient qu'il y aura un vide sans ces 6, 7, 8 heures de marche par jour. Ainsi, ils se battent contre l'inévitable en se mettant en quête d'autres chemins. Finisterre est le plus populaire, mais il y en a plusieurs autres. Ces personnes sont les mêmes que celles décrites dans un post précédent qui ne saissisaient pas la limitation dans le temps du Camino et qui tentaient d'en faire leur quotidien. D'autres pèlerins acceptent la fin du Camino comme on accepte la fin d'un voyage. Ils en savourent les derniers moments conscients et s'en retournent chez eux sans regret.
J'ai marché de façon sporadique avec un pèlerin du premier type et au moment d'écrire ces lignes, une discussion que nous avons eu en sortant de Burgos me revient à l'esprit. Nous nous questionnions sur ce qui nous manquait de nos vies respectives. J'aurais été en mesure de lui faire une liste de choses qui me manque pendant un bon cinq minutes. De son côté, il me disait qu'il pourrait ne jamais revenir dans son pays natal et qu'il n'y aurait pas de manque dans sa vie. Pourtant, sur le chemin c'était un de ces pèlerins qui est ami avec tous, qui socialement peut facilement s'adapter et de qui tous se disait qu'il devait avoir une vie bien remplie à la maison. Il était brillant, allumé et intéressant. Il devait avoir dans les environs de 30 ans.
Je crois que la différence dans la mentalité et dans l'agissement des pèlerins est la force de nos racines. Je me considère solidement ancré au Québec, j'ai une vie remplie que j'aime et c'est assurément ces racines qui m'ont donné cette vision du Camino comme un moment de réflexion sur la vie et non pas comme la vie. Mais, après avoir côtoyé ce pèlerin, je comprends de quelle façon ceux qui n'ont pas d'attaches peuvent facilement tenter de s'en créer sur le Camino.
Pour moi, c'est la fin du voyage et le début des vacances!
24 heures au bout de la terre
Que peut-on faire en 24 heures au bout de la terre?
- Voir le plus beau coucher de soleil de sa vie, vacher deux heures sur une roche pour le contempler, prendre 200 photos de ce coucher de soleil qui seront les 200 meilleures du voyage.
- Flamber près de 100 euros dans un bar. Que voulez-vous c'était notre première soirée non-pèlerine. La collaboration Québec-Slovaquie est bien meilleure dans les bars que dans les cuisines.
-Retourner complètement bourré au phare pour tenter de voir le lever du soleil, s'endormir, et rater le lever du soleil.
-Courir au travers de la ville de 5000 habitants pour trouver le Reggie Dunlop de l'équipe de foot, un dénommé Kiko, pour avoir un scarf de Fisterra. Les scarfs ne sont pas en vente et c'est le seul qui peut en procurer un aux touristes.
-Tomber sur une fête de quartier en cherchant ce mec, se faire inviter à la fête, se faire offrir des empanadas et de la bière et recommencer à boire.
-Assister à une spectacle de musique, j'ai entendu la pire version de Highway to Hell, mais bon dieu que c'était bien d'entendre de la musique.
-Assister à une partie de Futsal, c'est officiel nous ne comprenons rien au foot ...
-Trouver Kiko et obtenir un scarf de Fisterra.
-Revenir à la presse pour ne pas rater le bus.
-On a aussi trouvé le temps de dormir 2-3 heures dans un lit à quelque part.
-C'est long 24 heures...
Monday, November 10, 2008
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1 comment:
Je suis bien contente de voir que tu vas toujours aussi bien et que la marche s'est bien déroulée du début à la fin ! :)
Tu as des plans pour "tes vacances" d'ici ton retour ? Tu comptes toujours aller a Madrid ?
bisous et j'ai hâte de te revoir :)
xxx
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